Domaines

Le Monde Plein propose des connaissances du monde acquises par l’homme au cours de son histoire, nécessaires à notre humanité et toujours renouvelées. Organisées par domaines et accessibles à chacun, elles nous permettent de construire notre chemin dans notre parcours de vie et orientent nos actions. Ces connaissances s’articulent de façon naturelle et logique pour former un tout cohérent. Ici, l’homme n’est plus le centre de l’univers, il reprend sa place singulière dans le règne du vivant et de la biodiversité, au même titre que les autres formes de vie, sans être un tyran. Notre siècle participe actuellement à un changement de paradigme important dans notre rapport au monde. Nous devons protéger ce qui a été bâti durant des millions d’années : le patrimoine vivant. Ce changement permettra-t-il d’assurer la pérennité de l’ensemble des espèces, la qualité des espaces et des ressources pour les générations futures ? Seule une connaissance solide, la responsabilité de la collectivité et de chacun, peuvent nous faire corriger les erreurs effectuées et reprendre la continuité de ce magnifique projet qu’est la vie.

L’univers

« N’est-il pas agréable d’exercer notre esprit dans la contemplation des grands spectacles de la nature ? N’est-il pas utile de savoir au moins sur quoi nous marchons, quelle place nous occupons dans l’infini, quel est ce soleil dont les rayons bienfaisants entretiennent la vie terrestre, quel est ce ciel qui nous environne, quelles sont ces nombreuses étoiles qui pendant la nuit obscure répandent dans l’espace leur silencieuse lumière? Cette connaissance élémentaire de l’univers, sans laquelle nous végéterions comme les plantes, dans l’ignorance et l’indifférence des causes dont nous subissons perpétuellement les effets, nous pouvons l’acquérir, non seulement sans peine, mais encore avec un plaisir toujours grandissant.»
Camille Flammarion – Astronomie populaire (1879) 

Notre planète

Formée il y a 4 milliards et demi d’années au sein de la Voie Lactée, peu de temps après la naissance du soleil, la Terre n’a pas toujours été celle que nous connaissons : la planète bleue avec ses terres émergées. Elle a subi de multiples transformations et catastrophes. Dans sa prime jeunesse, elle ressemble à une boule rocheuse recouverte de lave en fusion et sa taille est beaucoup plus petite. Elle est un enfer des premiers âges, bombardée par des milliards d’astéroïdes et de comètes. Suite aux collisions avec d’autres protoplanètes qui gravitent autour du soleil, elle acquiert sa masse actuelle qui lui permet de garder son eau et son atmosphère. La lune est à l’origine de l’une de ces rencontres. Bien plus tard, les temps géologiques anciens nous parlent de supercontinents et de forces colossales qui agissent et modélisent graduellement notre Terre avec ses chaînes de montagnes, ses plaines, ses océans et sa végétation différenciée. Vaalbara, Rodinia, Gondwana, la Pangée et les Océans Lapetus, Téthys et Panthalassa sont les reliques de ces temps passés. Ils restent à jamais inscrits dans notre imaginaire. Alors que les géologues prédisent une Pangée ultime dans 250 millions d’années, la Terre insouciante et vagabonde, ultime vaisseau connu portant la vie, continue son chemin. Les projets de l’homme semblent bien petits en comparaison. Affaire à suivre…

Les origines de la vie

Les origines de la vie restent un des plus grands mystères de l’univers. Notre compréhension est encore partielle, mais nous pouvons donner quelques réponses comme autant de petites pièces du puzzle formant une gigantesque fresque de l’histoire de la vie. La science nous dit que l’ensemble des êtres vivants, qu’il s’agisse du monde animal, végétal ou humain, ont une origine commune pouvant remonter à 3 milliards et demi d’années. Notre ancêtre à tous devait probablement s’apparenter aux bactéries d’aujourd’hui et se laisser dériver dans l’océan, avant de conquérir les terres et se diversifier. Du passage des premières molécules simples aux molécules complexes comme étape fondamentale de l’apparition de la vie sur Terre, nous avons quelques idées mais celles-ci doivent être vérifiées. La vie serait-elle née dans des sources chaudes au cœur des océans ? Les premières briques chimiques ont-elles été formées dans les argiles ou dans les roches poreuses ? Les météorites ont-elles été les messagères de la vie ? Et la goutte d’eau, peut-elle être ce magnifique laboratoire de la vie où tout a commencé ? Nous savons aujourd’hui, que l’oxygène, indispensable à la vie, a été fabriqué par les cyanobactéries qui ont permis la diversification de la vie après la formation du bouclier terrestre qu’est l’ozone. Le chemin de la connaissance est encore long. La Terre reste un fabuleux laboratoire de la vie. Tout est relié.

Les premiers hommes

La lignée humaine débute entre – 8 millions et – 9 millions d’années au cœur du continent africain. L’anthropologie et la génétique nous apprennent que l’homme et les grands singes ne sont que des cousins éloignés ayant un ancêtre commun. Bien que plusieurs espèces d’hominidés ont existé et peuplé simultanément la Terre, aucune exceptée la nôtre n’a survécu à ce jour. Nous sommes donc les derniers représentants de notre lignée. Aujourd’hui 7 milliards d’individus peuplent la terre et nous serons vraisemblablement 9 milliards demain. Connaître nos racines, savoir où nous allons et rétablir ce lien entre tous les hommes au-delà des cultures, langues et croyances ne peut que nous rassembler au travers d’une histoire commune. L’homme, avec l’ensemble des espèces vivant sur cette planète, a une destinée commune qu’il nous faut construire sans jamais rompre le fil qui nous relie à la grande histoire.

Sociétés animales et végétales

Ce qui me paraît importer, c’est de posséder le sens d’une vie enfermée dans une forme différente. C’est déjà un gain immense de s’apercevoir que la vie n’est pas incluse seulement dans la forme en laquelle nous sommes accoutumés à vivre, qu’on peut avoir des ailes au lieu de bras, des yeux optiquement mieux organisés que les nôtres, au lieu de poumons des branchies. Ensuite il y a le mystère des migrations et des communications animales, le génie de certaines espèces […] Et puis, il y a toujours pour moi cet aspect bouleversant de l’animal qui ne possède rien, sauf la vie, que si souvent nous lui prenons.                           Marguerite Yourcenar

« Je découvrais non sans étonnement, dans l’observation des fleurs, des arbres et des herbes, le fonctionnement des lois et processus qui président également à l’organisation des sociétés humaines.
Insensiblement, je me rapprochai des plantes comme elles se rapprochaient de moi. Je ne les voyais pas comme on les voit : esthétiques, décoratives ou utilitaires. Car je ne les voyais pas pour moi-même, mais j’essayais de les percevoir en elles-mêmes et pour elles-mêmes ; de mieux saisir les ressorts de leur propre vie, me souvenant  qu’elles doraient déjà leurs corolles au soleil depuis plus de cent millions d’années lorsque, dernier venu dans l’échelle de la création, l’homme parut.
Sans même que j’en prise conscience, il en résultat une vision du monde végétal que d’aucuns ont pu considérer comme originale. J’avais pris l’habitude de parcourir d’une autre manière mon jardin, pour y découvrir, dans les fleurs que j’aimais, des mœurs et des comportements qui sont aussi les nôtres.                                                                                     Jean-Marie Pelt 1986

Les sociétés humaines

« On refuse d’admettre le fait même de la diversité culturelle ; on préfère rejeter hors de la culture, dans la nature, tout ce qui ne se conforme pas à la norme sous laquelle on vit. Les tentatives faites pour connaître la richesse et l’originalité des cultures humaines, et pour les réduire à l’état de répliques inégalement arriérées de la civilisation occidentale, se heurtent à une autre difficulté, qui est beaucoup plus profonde : en gros, toutes les sociétés humaines ont derrière elles un passé qui est approximativement du même ordre de grandeur. Pour traiter certaines sociétés comme des « étapes » du développement de certaines autres, il faudrait admettre qu’alors que, pour ces dernières, il se passait quelque chose, pour celles-là il ne se passait rien – ou fort peu de choses. Et en effet, on parle volontiers des « peuples sans histoire » (pour dire parfois que ce sont les plus heureux). Cette formule elliptique signifie seulement que leur histoire est et restera inconnue, mais non qu’elle n’existe pas. Pendant des dizaines et même des centaines de millénaires, là-bas aussi, il y a eu des hommes qui ont aimé, haï, souffert, inventé, combattu. En vérité, il n’existe pas de peuples enfants ; tous sont adultes, même ceux qui n’ont pas tenu le journal de leur enfance et de leur adolescence. »
Lévi Strauss  – Race et histoire

Ecologie et conscience terrienne

L’homme est au début d’une prise de conscience à grande échelle que notre planète souffre de maux majeurs ne pouvant être résolus en quelques générations : perte de la biodiversité, espèces animales et végétales en danger, atteinte du seuil critique des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, augmentation des catastrophes naturelles, surpopulation, consommation excessive des ressources naturelles au-delà de la marge du renouvellement, fragilisation des sols. La Terre n’est pas un grenier inépuisable destiné à alimenter une croissance sans fin. Les conséquences observables de l’influence de l’homme sur la planète ne peuvent plus être ignorées. L’alliance avec la nature, notre complément indispensable, se doit d’être retrouvée. Le discours écologique, l’éducation, la responsabilité de chacun, les actes concrets sont les ingrédients du retour à la grande alliance qui n’aurait jamais dû être rompue : celle de la Terre et des individus qui la composent.

L’être

Devenir humain – au-delà de la simple apparence physique – est une longue et lente construction et maturation toujours en chantier, jamais terminées. Au centre de l’homme s’inscrivent un langage véhicule de culture et des valeurs d’une société ; nos rencontres et nos expériences personnelles ; nos représentations et nos croyances, depuis la plus tendre enfance jusqu’à l’âge adulte. Nos matériaux proviennent principalement de nos interactions avec le monde, les autres, humains et non humains, de notre éducation et de notre volonté à saisir ces réalités. Mais la connaissance ne s’arrête pas à nous-mêmes et ne doit pas se réaliser seulement dans la société humaine. Lévi Strauss ne disait-il pas regretter de s’être coupé du reste de la création et d’être resté cantonné dans ce petit fragment représenté par l’espèce humaine ? Chacun, trouvera ici un complément pouvant participer à sa propre construction : Qu’il s’agisse de la bibliothèque, des conférences, des rencontres, des causeries, des sorties et des projets pour l’Homme et la Terre, tout est mis en place pour notre cheminement vers une humanité diversifiée, respectueuse et solidaire avec l’ensemble du vivant.

Les contes

« Nombreux sont les chercheurs qui mettent en évidence l’importance des contes dans le développement de l’enfant. Ils ont une grande richesse symbolique et nous aident à intégrer les notions de bien et de mal, ils stimulent notre imagination, développent l’intelligence. Ils nous rappellent la dimension surnaturelle, magique, et spirituelle du monde. Aujourd’hui, particulièrement, alors que la majorité des enfants vivent en ville, le conte rappelle l’importance de la nature et de ses rythmes. Le chercheur J.C. Cooper postule que ces histoires contiennent des images et des symboles présents dans le monde entier et qu’ils constituent un potentiel permettant à l’être humain de se comprendre et de comprendre le monde qui l’entoure. Les contes offrent des vérités éternelles, enseignent à mieux se connaître et ouvrent à d’autres réalités, d’autres cultures. »   Barbara Dobs (2015).

Le monde Plein a choisi d’intégrer la dimension des contes comme vecteur de l’imaginaire et de l’enchantement du monde. Ils nourrissent notre sensibilité humaine. Le conte saisit le monde comme au premier instant, il nous porte tel un voilier plus loin, à travers les âges.